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Le poème de mars 2019

Paul Eluard et Gala

Comme Aragon, Paul Eluard fait d'abord partie des poètes surréalistes, groupe qui naît après la première guerre mondiale. Il se marie avec Gala, qu'il évoque peut-être dans ce poème, avant la rupture de son couple. Gala, en effet, le quittera pour épouser Salvador Dali, auquel elle inspirera de nombreux tableaux.

Eluard sera un résistant pendant l'Occupation et sera fêté à la libération. Sa deuxième femme, Nusch, meurt d'une hémorragie cérébrale, le laissant dans le désespoir. Il rencontrera cependant Dominique qui sera sa dernière compagne et lui inspirera les pièces du recueil Le Phénix,titre évocateur d'une résurrection symbolique après l'extrême douleur de la mort de Nusch.

 

La courbe de tes yeux fait le tour de mon coeur

Un rond de danse et de douceur,
Auréole du temps, berceau nocturne et sûr,
Et si je ne sais plus tout ce que j’ai vécu
C’est que tes yeux ne m’ont pas toujours vu.

Feuilles de jour et mousse de rosée,
Roseaux du vent, sourires parfumés,
Ailes couvrant le monde de lumière,
Bateaux chargés du ciel et de la mer,
Chasseurs des bruits et sources des couleurs,

Parfums éclos d’une couvée d’aurores
Qui gît toujours sur la paille des astres,
Comme le jour dépend de l’innocence
Le monde entier dépend de tes yeux purs
Et tout mon sang coule dans leurs regards.

Paul Eluard, Capitale de la douleur, 1926